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mardi 10 novembre 2009
Saint Thomas d'Aquin, patron des étudiant et des universités.

Les études suivies me permettent assurément de me rendre compte de la différence intellectuelle qui sépare la culture française, son sens de la dialectique et de la théorie, et la culture anglo-saxone, et je dirait américaine, empiriste et finalement assez casuiste quei décidément à tendance à me cuire.
Aujourd'hui, en cours de bioéthique, nous avons assisté à un débat au sujet d'une décision de la coure suprême américaine (1973) qui a engendré de facto un début de législation nationale en matière d'avortement. Cette décision de la coure, prise à la suite d'une plainte déposée par une jeune femme souhaitant avorter dans son état- Mrs Roe - permet aujourd'hui à chaque personne de disposer de son corps et de tout ce qu'il fabrique au nom du droit à la vie privée - right to privacy - . Depuis cette plainte, aucun état américain ne peut donc plus imposer à ses citoyens de quelconque interdiction en matière d'avortement, ne légiférant que sur la durée maximum légale pour avorter.

En discutant avec mes collègue séminaristes, je m'aperçois que le sujet est épineux. Certes, la question de l 'avortement est sensible et ce, probablement dans tous les pays mais ici, la passion engendrée par le sujet lui-même est encore démultipliée par la précarité constitutionnelle de la loi qui l'encadre. En fait, la législation en matière d'IVG reposant sur une jurisprudence, rien n'indique que demain, après une autre plainte, cette décision ne puisse pas être annulée. C'est ainsi que des parlementaires ont souhaité, précisément voter un corpus législatif se basant sur le jugement Roe, un cadre en fait défendu sous le nom de FOCA, (Freedom of Choice Act) qui donnerait à toutes les femmes américaines le choix d'une date éventuelle d'avortement, à presque n'importe quel stade de leur grossesse ; on appelle ces parlementaires les "pro-choice" - à la différence des pro-life -. Mais leur courant attise les conflit aux sein du parlement. Ce n'est pas tant la question de la vie privée qui fait polémique que celle de la mise en oeuvre d'une loi dont le but serait, en somme, de garantir tout bonnement "un droit de choisir". Rien n'est gagné pour les pro-choice.
Depuis 1973, toute femme peu avorter et il revient aux différents états de définir un délai limite au delà duquel il n'est plus possible d'avorter mais c'est précisément le définition de ce délai qui pose problème. En France, le délai de 28 semaines repose toute ou partie sur un critère biologique, ici, à ma grande surprise, on n'hésitent pas, en cours de bioéthique, à prendre jusqu'en considération la question de l'âme et la date à laquelle celle-ci habite le fœtus pour trancher cette question ! "A partir de quelle moment peut-on dire que l'âme réside à l'intérieure du fœtus ?" ou bien "Que ce passe t-il dans le cas de jumeaux, deux âme sau même instant et au même endroit ? - Non c'est impossible !" C'est à peine si l'on évoque pas Saint Thomas qui jugeait que l'on pouvait parler d'âme chez l'enfant dès lors que la mère ressent le bébé gigoter dans son ventre...

En fait, beaucoup ici résonnent à la manière même de Saint Thomas d'Aquin - ou plutôt celle d'une époque ? -, imaginant des cas, raisonnant par l'absurde sur des données issues de l'expérience pour enfin aboutir à des résultats dont chacun est sûr. On cherche ainsi à décrire le réel, sans bavure, de façon à ce que tout le monde puisse s'entendre sur un résultat, sur the résultat qui soit simple expression des lois de la nature voire "des droits humains naturels". C'est ainsi qu'une affaire judiciaire isolée comme celle de 1973 peut devenir le cas modèle, le paradigme de tous les autres cas possibles, en l'espèce, ceux d'avortement, et l'étude d'un cas pour certains suffit à résoudre "simplement " tous les autres. Ainsi même si la question est grave, la méthode casuistique et ses principes peuvent prévaloir sur toute autre approche.

Grosse fatigue...

Pour le moins et à mon sens gaulois, ce contexte doit faire que tout le monde réfléchit beaucoup, et beaucoup trop peut-être. Car en plus d'être fatiguant, l'empiriste adepte de Saint Thomas doit finir lui-même par être fatigué de sans cesse avoir à réfléchir au sujet de X et de son lien avec Y, éventuellement, lorsque, pour une raison que l'on ignore, Z à disparu. Et il doit lui falloir une très grande mémoire pour encore emmagasiner tous ces résultats et vivre sans ne plus jamais avoir à les retrouver - Les USA, le pays où l'ordinateur s'est développé - .
J'admire un peu toute cette dichotomie. Car en fait tout fini par se trouver et retrouver facilement, tout le monde peut à sa manière participer à cette entreprise de construction intellectuelle et chacun est reconnu comme acteur pouvant infléchir le sens commun sur un sujet donné. Mais, je persiste à raisonner à la française avec la douceur de nos clefs de lectures et de nos concepts, avec la franchise de notre sens commun pour l'interprétation, une mécanique plus céleste et moins fatigante, que Saint Thomas, s'il revenait aujourd'hui ne dénigrerait sans doute pas.


Un exemple de réflexion proprement empirique et, d'époque.

1 commentaires:

Ilango a dit…

Je t'ai envoyé un commentaire sur facebook. Juste une petite correction: On écrit pas courE suprême mais cour suprême, sans E.
Faut bien que je râle un peu, non?

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Jean-Baptiste Perche

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Issy-les-Moulineaux, Ile-de-France, France
Séminariste en 5ème année de formation pour le diocèse de Nanterre (Hauts-de-Seine, France), en insertion paroissiale à Châtillon.

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